David Alfaro SIQUEIROS

De son nom d’origine, José de Jésus Alfaro Siqueiros
« El Coronelazo »

(1896-1974)

L’activisme politique tient une part importante dans la vie de Siqueiros qui fréquemment l’inspire dans sa carrière artistique.

En 1911, alors qu’il n’a que quinze ans, Siqueiros est inscrit à l’Academia de San Carlos de Bellas Artes de Mexico et participe à une grève estudiantine, le fameux mouvement « politico-pédagogique » des étudiants mexicains qui proteste contre les méthodes d’enseignement de l’académie et réclame le licenciement de son directeur.

En 1914, il rejoint les rangs de l’armée révolutionnaire d’Emiliano Zapata où il est promu rapidement capitaine. Après la révolution, il participe en 1918 au « Congrès des Artistes Soldats de Guadalajara ».

Puis il se rend en Europe où il découvre l’art moderne avec Cézanne, Picasso et Diégo Rivera avec lequel il élabore le projet d’une peinture « monumentale et héroïque ».

En 1919, les deux artistes mexicains se rendent en Italie où ils étudient les fresques du trecento, quattrocento, cinquecento, ainsi que celles de Giotto et Michel Ange. En 1921, Siqueiros rédige un manifeste : l’Appel des Artistes d’Amérique.

En 1922, Siqueiros et Rivera, rentre dans leur pays. Dès lors, Siqueiros peint et devient également organisateur au plan syndical et politique. Il se consacre presque exclusivement à la politique et est contraint de s’exiler en 1932.

Siqueiros réalise en 1933 avec l’assistance de peintres argentins tels que Antonio Berni, Juan Carlos Castagnino, Lino Enea Spilimbergo et de l’uruguayen Enrique Lázaro une fresque pour décorer le sous-sol d’une propriété des environs de Buenos Aires. Cette œuvre, baptisée Ejercicio Plástico (Exercice plastique), représente des néréides. Oubliée pendant des décennies et conservée dans des conteneurs, elle a été déclarée d’intérêt artistique national par le gouvernement argentin et est restaurée avec l’appui du président mexicain Felipe Calderón.

Lorsqu’il revient en 1935, ses recherches dans le domaine de nouveaux matériaux, sera à l’origine d’une vive polémique avec Rivera.

La présidente Cristina Kirchner a souhaité que cette fresque, restaurée en 2009, fût exposée à Buenos Aires en 2010, pour la célébration du bicentenaire de la révolution de Mai, qui déboucha sur l’indépendance argentine. Elle se visite, depuis 2011, à l’intérieur du Musée du Bicentenaire.

Par la suite, Siqueiros abandonne tout pour aller combattre en Espagne, pendant trois ans. De retour au Mexique, de 1939 à 1960, Siqueiros réalise ses plus importantes compositions murales.

Ses réalisations notables à Mexico comprennent une fresque murale collaborative commandée par le syndicat des électriciens mexicains (1939-40), Du Porfiriat à la Révolution au musée national d’histoire (1957-55), La Marche de l’humanité et le Polyforum Cultural Siqueiros sur l’Avenida de los Insurgentes (1965-71), puis son rôle afin de procurer des mandats de fresques murales par le parti au pouvoir, le PRI, aux artistes sur le campus de l’Université nationale autonome du Mexique de Mexico dans les années 1950. En 1966, il reçoit la plus haute récompense officielle de son pays : « Le Prix National d’Art ».